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François Brottes vient de présenter les contours du projet de loi instaurant des tarifications progressives par paliers de consommation pour le gaz et l’électricité, progressivité qui pourrait être étendue à d’autres sources d’énergie (fioul, GPL, bois de chauffage) ainsi qu’à l’eau. Pour la CGT, l’accès de tous aux droits fondamentaux, dont l’eau et l’énergie, doit être garanti et organisé par la puissance publique tout comme doit être préservée et renforcée la tarification nationale et régulée. La CGT partage la préoccupation d’alléger la facture d’électricité et de gaz pour les ménages modestes et l’objectif d’économiser l’énergie. Mais il ne faut pas que ce dispositif soit l’occasion d’instaurer un prélèvement supplémentaire sur la consommation de gaz et d’électricité.

Sur la forme, nous regrettons l’élaboration d’un projet de loi sans que l’avis des associations de consommateurs et des organisations syndicales ait été préalablement recueilli. D’autre part, la multiplicité des critères à prendre en compte (climat, isolation du logement, nombre de personnes au foyer, situation des occupants …….), qui ne sont par ailleurs pas connus des énergéticiens, risque de conduire à instaurer un système extrêmement complexe et mettre à mal la péréquation tarifaire et les tarifs réglementés. Il n’est pas certain que la notion de foyer fiscal corresponde à la notion de ménages aux sens de l’abonnement au gaz ou à l’électricité. Il apparait de même dangereux de différencier le prix de l’énergie en fonction de la zone géographique. Veut-on en arriver à la situation que nous connaissons à propos des tarifs de l’eau ? Si le droit à l’énergie constitue un droit fondamental, alors l’accès égal à tous doit être garanti. Dans le cas inverse, c’est la notion même de service public qui est remise en cause. (suite…)

le 10/02/2012 à 05:00 par JBD

Après avoir saisi les parlementaires en début d’année, les Robins des Bois, qui militent pour « le droit à l’énergie », sont plus que jamais mobilisés pour agir contre les coupures de gaz et d’électricité.

Si le mouvement des Robins des Bois a fait ses premières interventions dans les années 1995, il s’est structuré à partir de 2004 avec une représentation forte en Gironde, en Normandie et dans le Grand Est.

Particulièrement actifs dans le Nord Franche-Comté, les Robins des Bois font office d’interface entre les différents groupes implantés dans l’Hexagone.

Des situations de détresse extrême

Faisant partie de ce collectif de militants, Pascal Tozzi (CGT) souligne que l’un des objectifs prioritaires des Robins des Bois est d’« obtenir une trêve hivernale pour ce qui concerne les coupures de gaz et coupures d’électricité, comme il existe une trêve hivernale pendant laquelle il n’y a pas d’expulsions possibles de locataires ».

Au-delà de cette revendication, les Robins des Bois agissent dès lors qu’on leur signale des cas de précarité énergétique qui sont souvent, pour ne pas dire dans la plupart des cas, des situations qui génèrent de la détresse extrême. « Nous avons été saisis par les voisins d’une jeune femme, qui non seulement n’avait plus de chauffage, mais qui prenait le risque d’allumer des dizaines de bougies pour essayer de faire monter la température dans son petit logement. Nous avons été alertés aussi pour une jeune femme qui, n’ayant pas de chauffage, avait dressé une petite tente dans son logement, espace réduit plus facile à réchauffer ». (suite…)

L’association Robin des bois tire la sonnette d’alarme : le nombre de familles privées de gaz et d’électricité augmente. Elle demande aux parlementaires de voter une « trêve » des coupures pendant l’hiver.

Dix cas traités l’an dernier dont deux au moins qui auraient pu se terminer tragiquement. « Nous avons eu une famille dont le gamin avait une sonde gastrique électrique. L’électricité était coupée depuis au moins un mois, raconte Pascal Tozzi, secrétaire régional de Robin des bois. Il y a eu aussi un diabétique qui ne mangeait plus que froid. »Depuis quatre ans, l’association se bat pour l’accès à l’énergie pour tous dans le nord est. « Nous voudrions que l’énergie (gaz et électricité) soit reconnue comme un bien de première nécessité au même titre que l’eau » , résume-t-il. Avec la mise en concurrence des fournisseurs d’énergie, les usagers en situation de précarité subissent des coupures d’énergie de façon unilatérale. « Cela peut arriver pour une dette de 120 € à 200 €», explique Renée Maréchal, qui passe la présidence à Nadia Barznica du SNUipp.

Démarches plus longues

Sur le terrain, les Robin des bois constatent que le sursis accordé aux familles est passé de trente à quinze jours. Ce qui ne laisse pas le temps aux personnes concernées d’entamer les démarches, notamment auprès des assistantes sociales, pour éviter les coupures. « Il faut du temps avant de pouvoir obtenir un rendez-vous auprès d’une assistante sociale. »L’action des Robin des bois est de rétablir l’énergie. Une action qui n’est pas clandestine mais anonyme. L’association reste discrète sur le modus operandi. Il y a les Robin qui ont des compétences techniques pour rétablir gaz et électricité et les Marianne (fiancée de Robin) qui font un travail plus administratif. « Le problème, c’est qu’en rétablissant l’énergie, nous alourdissons les factures », déplore Pascal Tozzi. Il y a également des interventions « pour faire pression en appelant au bon sens ». En cas de danger, notamment, chez ceux qui utilisent des modes de chauffage rudimentaires, les Robin des bois alertent le procureur de la République par courrier. (suite…)