Articles Tagués ‘Droit à l’énergie – Stop aux coupures’

Ça n’a pas loupé. La nouvelle taxe d’électricité instaurée par le Syded (Syndicat mixte du Doubs) est revenue sur le tapis, jeudi soir, lors du conseil communautaire des Trois cantons à Beutal.

Les maires crient au scandale façon « une taxe de plus, ça n’est vraiment pas le moment ». Y a-t-il un « bon » moment ? Les échanges furent vifs. D’autant que Gaston Cornu, le président de la CC3C, par ailleurs délégué représentant la comcom au Syded n’a pas vraiment apprécié d’être qualifié de « petit potentat local » dans un courrier signé par trois maires dont ceux de Montenois et Dampierre-sur-le-Doubs. Pour le coup, il y est allé de son explication de texte rappelant que le Syded « c’est un budget de 10 millions d’euros, un chiffre d’affaires de 50 M€ pour l’économie locale, d’importants travaux d’enfouissement des réseaux dont les communes subventionnées, sont bénéficiaires. Tout n’est pas aussi noir ». Maintenant, Gaston Cornu n’a pas voté la taxe d’électricité de 8,28 % dont seront redevables, dès janvier 2013, les foyers dans les communes de moins de 2 000 habitants comme les mairies « grosses consommatrices d’énergie », remarque Thierry Roland le maire de Beutal. « Pour faire des économies, on éteint désormais l’éclairage public une partie de la nuit. Un gain de 2 000 euros par an pour notre village. Maintenant, je vais devoir payer une taxe de 8,28 %. À quoi bon faire des efforts », dit-il.

Un peu tard

Gaston Cornu s’est donc abstenu (ce qui n’a pas changé grand-chose puisque l’instauration de la taxe a récolté suffisamment de suffrages) comme il l’a fait l’an dernier quand le Syded proposait une taxe à 4 %. « J’y étais pourtant favorable. Neuf maires sur dix ont voté contre cette taxe en conseil communautaire. J’ai suivi la décision de notre assemblée ». Pour la taxe à 8,28 %, le président ne lui a « pas donné » sa voix estimant « que j’avais été informé tardivement et que je ne disposais pas d’informations suffisantes pour m’exprimer ». Si le président Cornu comprend « sur le fond » la fronde contre la taxe qui souffle sur les villages ruraux (pétitions, délibérations des conseils municipaux, courriers adressés au préfet pour demander l’abrogation de la taxe « qui va lourdement peser sur les ménages et vient gonfler encore la facture d’électricité dont les tarifs ne cessent d’augmenter », la forme le fait tiquer. « Petit potentat », non vraiment, ça ne lui plaît pas : « Les 43 délégués qui siègent au Syded ne sont pas des tyrans. Ils travaillent pour le développement de nos territoire. Le Syded va d’ailleurs adresser un courrier a chaque élu pour expliquer cette taxe ». « Un peu tard non. C’est avant de la soumettre au vote qu’il fallait expliquer cette taxe aux maires », se fâche Pierre-Aimé Girardot, le maire de Longevelle-sur-le-Doubs. Pas faux.

le 25/10/2012 à 05:00 par Françoise Jeanparis

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L’association, qui a son siège dans le Doubs, peut compter sur un réseau d’agents. Photo d’archives ER

Montbéliard. Un agent ERDF de Besançon interviewé par une équipe de France 2. À l’écran, son visage apparaîtra flouté. L’agent est un « Robin des bois ». Il rétablit le gaz ou l’électricité dans les foyers qui n’ont pas l’argent pour régler les factures. Le technicien agit à la demande de l’association « Droit à l’énergie – Stop aux coupures ! », plus connue sous le nom du brigand au grand cœur. Sa branche Est est l’une des plus actives du pays. Elle est même la seule à disposer d’un site (www.lesrobinsdesbois.wordpress.com). Résultat : « Les demandes arrivent de toute la France », explique Nadia Barznica.

La présidente des Robins pour les régions du quart Nord-Est ne requiert pas l’anonymat. Elle n’est salariée d’aucune société travaillant dans l’énergie et ne risque donc pas sa place. C’est sur son téléphone portable qu’échouent « les familles dans la merde (sic) », quarante-cinq en 2011. Peu à l’échelle de l’Hexagone, mais « quatre fois plus que l’année précédente ». Toutes n’ont pas nécessité l’intervention d’« un copain », comme disent les Robins. Comprendre : d’un agent ERDF-GRDF, en général encarté à la CGT. « En 2011, 70 % des cas ont été réglés sans intervention physique. » Quelques conseils élémentaires, comme contacter une assistante sociale, peuvent suffire à éviter une coupure. Dans la négative, l’association s’adresse aux pôles « solidarité » des deux grands fournisseurs d’énergie. « On prend une grosse voix et on menace de médiatiser. En général, ça fonctionne », poursuit Nadia Barznica. (suite…)